Projet Master 2020 – Expérimentation plastique

La lisière

Concept

Pour ce projet d’expérimentation plastique « La lisière », j’ai souhaité travailler autour de la vie et de la mort. 

La lisière, c’est une limite entre deux milieux dont l’un est généralement forestier : une frontière, une bordure, une limite, l’orée… 

& si on allait plus loin…

Une lisière peut être quelque chose qui sépare deux choses totalement opposées. 

Par exemple : le feu et l’eau, la terre et la mer, l’amour et la haine, le futur et le passé ou encore la vie et la mort. 

La vie & la mort ? 

Ce concept m’interpelle ! La mort est la seule certitude que puisse avoir l’Homme. Elle reste néanmoins l’une de ses plus grandes interrogations.

Comment l’Homme fait-il le lien entre la vie & la mort ? 

C’est ce qui m’intéresse pour savoir comment représenter cette lisière… 

Lorsque l’on est en vie, on entretient un lien avec les défunts à travers les souvenirs, les photographies et également à travers des offrandes, le plus souvent des fleurs. 

Les fleurs nous accompagnent tout au long de notre vie, dans les événements importants : les naissances, les mariages, les enterrements.

Un peu d’histoire

Comment représenter un état dont on ignore tout ? 

Selon Freud, la mort est irreprésentable.
Pourtant depuis longtemps, les artistes cherchent à la représenter. L’art et la religion se sont appropriés ce mystère, y apportant réponses et représentations. 

La plupart des religions présentent des hypothèses : une possible vie après la mort, l’Enfer, le Paradis ou l’éventualité d’une réincarnation. 

Les religions s’expriment aussi à travers un art uniquement religieux qui peut traduire ces hypothèses en images. 

La science cherche toujours des réponses, mais a des limites dans ses capacités techniques actuelles.

Les artistes sont sujets aux mêmes questions, l’art devenant pour certains d’entre eux un moyen d’extérioriser leurs peurs, voire leur fascination de la mort. La diversification des domaines explorés par l’art leur permet de quitter petit à petit le domaine religieux pour aborder la mort sous d’autres angles.

Comme l’artiste : Jean-Pierre Raynaud.

 

& la vie, alors, est-elle facile à représenter ?

La vie est à mon avis tout aussi difficile à représenter que la mort, parce qu’elle est différente pour chaque individu.

La psychologie du caractère individuel est loin de former une science achevée sur laquelle on puisse s’appuyer. Chaque artiste a le champ libre pour l’interpréter, la conceptualiser comme il le souhaite.

Si je devais de citer un artiste ayant travaillé sur la vie, je mentionnerais Frida Kahlo qui utilisait l’art comme une fonction thérapeutique.

Elle se servait de l’art pour raconter son histoire, pour exprimer ses malheurs, ses tristesses et surtout sa douleur. Je pense que Frida peignait pour tenter d’échapper à cette souffrance qui faisait partie intégrante de sa vie et qu’elle aurait préféré oublier.

À travers ses toiles, elle nous laisse voir ses souffrances, nous en devenons les spectateurs, les témoins.

Concept

Les fleurs nous accompagnent  jusqu’au bout de notre vie, jusqu’à notre mort, sur notre tombe. Les fleurs sont porteuses d’histoires et d’émotions. Fleurir la sépulture pour rendre hommage est entré dans nos mœurs, symbolisant la pensée vers l’être qui s’en est allé. 

De la cérémonie d’enterrement à l’hommage rituel sur la sépulture, en passant par les fleurs envoyées par les proches en témoignage de leur soutien, le chemin du deuil est jalonné de fleurs.

Si, en dépit de tous les changements de société, nous restons encore très attachés à cette symbolique, c’est sans doute, parce que celle-ci a un véritable pouvoir apaisant sur les esprits et qu’elle permet d’exprimer des sentiments dans les moments où l’on ne trouve pas toujours les mots.

Les fleurs sont fortes de sens, c’est pourquoi nous les utilisons pour exprimer nos émotions. 

Leur beauté fragile nous rappelle les cycles, les saisons et le caractère éphémère de la vie.
Les fleurs ont aussi une portée spirituelle. On les considère souvent comme le symbole de l’espoir et de la renaissance de l’âme du défunt.

Mais fleurir une sépulture, c’est surtout une façon de rendre hommage, un rituel essentiel au processus de deuil intime ; cela nous permet de faire perdurer le lien qui nous unit à l’être aimé.

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Exposition
photographique

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Le dispositif de représentation

Mon concept sera illustré par le biais d’un couple dont l’un des deux amants est décédé. 

Je vais mettre en scène l’amant vivant et l’amant défunt, se retrouvant grâce à la fleur qui permet la lisière entre la vie et la mort. 

Sur ce dispositif, il faudra que la perte d’un proche se ressente, que l’on soit saisi d’un sentiment de compassion. 

La photographie devra donc être esthétique et touchante. 

La fleur sera présente pour représenter la passerelle, le chemin entre le monde des vivants et le monde des morts.

Les fleurs ont aussi une portée spirituelle. On les considère souvent comme le symbole de l’espoir et de la renaissance de l’âme du défunt.

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Médium & outils

J’ai choisi de représenter mon concept de lisière entre la vie et la mort par le biais de photographie. 

Pour réaliser mon projet, j’ai utilisé : 

– mon appareil photo canon 700D 

– mon objectif Sigma art 18-35

– deux sujets 

– des costumes 

– un masque de crâne en latex réaliste

– mes logiciels de retouche photo (Lightroom et Photoshop). 

– des fleurs : idéalement des chrysanthèmes ou des cempoalxúchitl. (malheureusement ces fleurs n’étaient pas de saison lors de mon projet. J’ai tout de même trouvé des chrysanthèmes blancs que j’ai tenté de faire rougir en les mettant deux jours et trois nuits dans de l’encre rouge.)

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Le dispositif d’accrochage

Lorsque j’étais en classe de Mise à Niveau d’Arts Appliqués, je me suis rendue à la Base sous-marine de Bordeaux. 

La Base sous-marine de Bordeaux est l’une des cinq bases construites sur le littoral atlantique qui a abrité des flottilles de sous-marins pendant la Seconde Guerre mondiale. Aujourd’hui, ce site est un équipement culturel dédié à la création contemporaine.

C'est là que j'ai vu une exposition sonore de l’artiste Zimoun. 

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Base sous-marine de Bordeaux

Je me souviens encore de l’atmosphère unique qui régnait dans ce lieu, une ambiance à la fois oppressante et poétique, tout comme mon projet sur la lisière entre la vie et la mort. 

Si mes œuvres devaient être exposées, ce lieu offrirait un parcours déambulatoire dans plusieurs petites salles quasiment plongées dans l’obscurité. 

Grâce à des ambiances lumineuses, le spectateur pourrait être immergé au sein de plusieurs atmosphères, le but étant de le faire voyager au sein d’une œuvre esthétique et symbolique. 

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Mise en situation

Il s'agit d'une mise en situation fictive afin de vous mettre dans un contexte d'exposition autour de mon travail sur la lisière entre la vie & la mort. 

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